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vendredi, 14 novembre 2008

Ave Ludovicus

bisounours.jpgLouis Chouettes-Airs est un homme qui à l'orée de la soixantaine se sent bien dans ses baskets. D'aucuns, des mauvaises langues, diront qu'il est droit dans ses bottes. C'est exagéré. Il y a longtemps que la botte, ou plus exactement la bottine, n'est plus à la mode. On la voyait de temps en temps l'hiver, elle réchauffait l'homme grâce à sa vraie peau de mouton retournée. C'est de l'histoire ancienne et ça, le Louis, ce n'est pas son dada. Il y a un quart de siècle, pas encore homme mûr accompli, il traînait ses guêtres dans les ministères, calé aux pieds des ministres et même du premier ministre Fabius Cunctator. Il apprit beaucoup à son contact notamment dans l'art de faire couler le sang et de le récupérer quelle que soit son AOC. Il en a gardé quelques remords et, à l'instar de Saint Augustin, il voulut se racheter en déversant sur le monde tout le bien qu'il est capable de lui apporter.
Alors Jacques Chirac est arrivé au pouvoir (en réalité 7 ans après JC), il a confié une haute mission à notre bon Louis. Il lui a dit qu'il fallait que désormais tout les écrits s'accomplissent. Docteur comprit le message : écrire des lois ou des directives et les appliquer à tous pour leur plus grand bien. Docteur est le surnom de Louis Chouettes-Aires car il y eut dans le passé un docteur Chouettes-Aires. Les mauvaises langues, encore elles, prétendent que c'est en référence à un certain Docteur G., obscur thérapeute qui sévit dans les arcanes d'un pouvoir politique très largement contesté depuis sa chute au milieu des années 40. Ainsi notre "Docteur" Louis, avec son teint frais et ses joues roses, règne aujourd'hui sur une haute autorité. La Halde. On sent bien la volonté des créateurs de vouloir imiter le "Halte", formule préférée des hommes qui portent une casquette près des barrières ou des barbelés.
Tous les matins il se rend à son bureau de la rue Lauriston accompagné de Loubianka, un chien de berger de couleur noir. S'il avait pris un berger blanc cela aurait pu contrarier son message universel de diversité et de mélange des cultures et en plus on se serait moqué de lui à l'heure de l'apéro. Louis est un roi mais pas pour autant un despote, il est éclairé, en basse tension, pour se conformer aux directives de Borloo (avec deux "o" comme dans Waterloo). En basse tension, et sans beaucoup de résistance non plus, il fait l'unanimité. C'est un régal pour lui de travailler dans ces conditions, la démocratie est enfin arrivée à un âge de maturité car les citoyens semblent tous d'accord avec lui. Néanmoins il reste encore pas mal de pain sur la planche. Il en est là notre Chouettes-Airs aujourd'hui, faire avancer les choses en balayant toutes les idées d'un autre âge.

 

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