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mardi, 16 juin 2009
Friget Venus sine Baccho
Je propose d'ouvrir un vrai débat. Pour certains il apparaitra comme futile pour d'autres très sérieux et intemporel. Il s'agit de déterminer la différence entre un alcoolique et un ivrogne. Vrai question qui embrasse les éternels débats philosophiques* de nombre de civilisations autorisant sinon la cuite du moins la consommation avec modération. L'alcoolique est un malade. J'ôte rapidement tout suspens en plaçant ma sympathie du côté de l'ivrogne. D'ailleurs en Arabe al-colich signifie tout simplement "la chiasse". L'alcoolisme sonne comme une maladie, c'est un terme scientifique qui décrit objectivement la prise régulière d'une boisson contenant un certain pourcentage d'une molécule composée à partir d'atomes de carbone et d'hydrogène. Ça manque clairement de poésie. On voit déjà l'alcoolique avec son air ravagé, sa mauvaise humeur, son odeur de pisse, son encéphalogramme plat. C'est un type avec qui on n'a pas envie d'engager la conversation ni de partir sur le yang ksé kiang ou dans les arènes de Madrid.
Alors que l'ivrogne n'est pas quelqu'un qui boit pour oublier mais pour se remplir, c'est une quête. L'ivresse c'est le plein, le trop plein certes, mais ne dit-on pas "qui peut le plus peut le moins"? On pourrait de la même manière opposer les bouddhistes aux catholiques. Les premiers font le vide, recherchent le zen, l'abrutissement définitif quoi. Tout le contraire des Catholiques qui cherchent par la prière à se remplir. Non, je ne pars pas en vacances pour faire le vide mais bien pour faire le plein et me sortir de la crasse ambiante. Ainsi l'ivrogne recherchera toujours à s'élever. Le vin l'élève de la terre jusqu'au monde des vivants en passant par la vigne et tous ceux qui ont foulé le raisin. Religare. C'est là que réside la poésie et la communion. Il est religieux et patriote.
Ouvrez votre âme quand vous rencontrez un ivrogne, il sera naturellement votre ami. Parlez-lui son langage qui n'est pas celui des "boire avec modération" qui s'adresse exclusivement aux alcooliques, aux malades.
*Ceux qui passent la philo ces jours-ci trouveront de plus amples développements dans
Mythe de la taverne, éditions Bac Annales
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| Tags : ivrogne, alcoolique, vin, plein, blondin |



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Commentaires
Finir par un calembour qui donne un contrepet, bravo.
C'est vrai qu'ivrogne, cela sonne plus sympathique qu'alcoolique, sans qu'il soit nécessaire de les différencier à l'alcootest.
Ecrit par : NAIF | mercredi, 17 juin 2009
En effet un alcootest n'est qu'une sorte d'indicateur Insee qui ne mesure en rien l'art de la prise. C'est un peu comme une sonde Pitot prise par le givre.
Ecrit par : Paul | jeudi, 18 juin 2009
Le Yang Tse Kiang, les arènes de Madrid...Références à "un singe en hiver", si je ne m'abuse. Il est vrai que ce n'est pas le vin qui manque au quartier-maître, c'est l'ivresse.
C'est en cela un ivrogne et sa chère et tendre lui propose un remède d'alcoolique : boire avec modération.
Mais putain, c'est qui ce modération qui nous casse les couilles depuis tant de temps pour boire avec nous ?!?
Il n'a pas été invité, que je sache, ce boit-sans-soif!
Ecrit par : popeye | mercredi, 01 juillet 2009
Oui, c'est Blondin, nous avons la même source d'eau fraîche. Quant à boire avec modération pourquoi pas, on boit ce que l'on veut quand on veut. Il arrive parfois que l'on garde modération avec nous. Le hic c'est qu'on nous demande de "consommer avec modération", et là je dis stop ! Est-ce qu'on consomme de l'aloxe-corton ou une fine champagne ? C'est encore un verbe qui ne s'adresse qu'aux malades.
Ecrit par : Paul | mercredi, 01 juillet 2009
Trinquer avec Paul Debedeux