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27 novembre 2009

La clef

En passant un matin de cette semaine devant une serrurerie j'ai eu une sorte d'hallucination. Une jolie blonde tenait le bureau et avait l'air d'éplucher une sorte de catalogue de serrures. Le patron a cédé aux sirènes de la modernité et du paraître en plaçant une pinup au pignon sur rue de son bouclar.

 

Je m'imagine rentrer là-dedans pour prendre conseil en vue de protéger mon mobilier Louis XV car le gitan de base est assez tradi et lorgne sur le meuble d'époque plutôt que sur l'ikea ou l'ethnique. Passé le plaisir de la rencontre avec notre belle blonde il y a comme un hic. Comment avoir confiance en son savoir ou en son expérience ? J'ai beau m'interdire de juger au faciès, dans ce cas-là ça ne trompe pas, 100 balles qu'elle n'y connait rien à la mécanique serrurière. En mécanique je préfère m'adresser à Louis XVI plutôt qu'à Marie-Antoinette.


Quand on cherche à se protéger on aimerait bien traiter avec un professionnel de la chose. Un type qui porte une chemise rayée de gros coton, à la rigueur une salopette, a un nez qui sent plus le beaujolais que la chateldon et a des mains, qui à défaut d'être minces, trahissent une grande habileté. On veut aussi s'entendre dire au final "de toute façon rien ne vaut le Fichet !"

 

18 novembre 2009

Recette - La cartouche au gros sel

C'est une recette à partager pour faire évoluer les choses, les mentalités quoi. Une recette à dimension sociale. Je m'explique. Si par exemple quelques individus sont réfractaires au vivrensemble, invitez-les au partage, offrez leur une cartouche de gros sel. Par ce geste gratuit la fraternité s'en trouvera renforcée, et c'est quand même le but recherché.


Comment confectionner cette spécialité bien française ?
Prendre un moule à culot métallique (diamètre adapté à votre four). Introduisez la poudre blanche, celle qui vient de Chine pas d'Afghanistan. Tassez un petit cylindre de bourre. Vous pouvez utiliser du coton équitable si vous êtes sensible aussi au développement là-bas. Complétez ensuite avec ce qui fait la saveur du plat. On utilise traditionnellement du gros sel mais d'aucuns diront que celui-ci à tendance à se transformer en fleur de sel au-delà de 50 mètres ce qui limite considérablement ses effets. Met-on de la fleur de sel dans le pot au feu ? Alors on peut remplacer le gros sel par des grains de blé sans crainte qu'ils finissent en farine en arrivant à destination, mais dans ce cas le plat est dénaturé et ...manque un peu de sel. On trouvera donc une voie médiane en utilisant du sel machine que l'on calera dans le moule à l'aide de sciure de bois. Il suffit enfin de fermer le moule et le plat est prêt.


Dans le cadre d'un moment de partage en vue de mieux se connaître par un échange culturel ("on s'enrichit par la diversité") n'oubliez pas d'offrir ce présent par surprise. Ça fait toujours plaisir de découvrir au dernier moment une spécialité à laquelle on ne s'attendait pas, et quel plaisir pour le cuisinier d'être récompensé par un rictus de surprise. Ainsi vous porterez votre four sur vous afin d'offrir ce plat chaud. Si le plat ne plait pas du tout et que votre commensal ne souhaite plus du tout tourner autour de chez vous, dites-vous que ce n'est pas si grave que cela et que finalement on n'est pas si mal que ça chez soi et que l'échange culturel peut bien attendre encore un peu.

 

NB : N'oubliez pas de récupérer le moule, par souci écologique, ou parce que vous utilisez des moules réutilisables.

 

17 novembre 2009

Il va arriver

bojo.jpgA quelques heures de l'arrivée du Beaujolais nouveau il est nécessaire d'en dire quelques mots. Une fois de plus me direz-vous car tout a été dit sur lui, comme tout a été dit sur la Chartreuse de Parme. Mais comme chacun le sait aussi la vie est un perpétuel recommencement. Chaque jour, chaque mois, chaque année il faut marteler les mêmes phrases pour qu'elle rentre bien dans les caboches. Dire du Beaujolais nouveau qu'il n'est pas vraiment du pinard et qu'il est le produit d'une fête commerciale n'est pas d'une grande originalité et n'est pas loin d'être une vérité.


Dire cela pourrait assimiler le 3ème jeudi de novembre à des trucs comme halloween, la gay pride ou encore les plages de Paris. C'est là qu'il faut faire une distinction et laisser le beaujolais comme le fils des cuves et de la belle camaraderie française et non comme un ersatz d'importation qui nous ferait prendre des rutabagas pour des lanternes. Le beaujolais nouveau a été créé à une époque où tous les mâles bien portants passaient au bistrot à l'heure de la roue de la fortune et de C déco, faisant une halte chez bobonne à l'heure du 20 heures pour laper un ragout et un morceau de frometon. Il n'a donc en rien changé les habitudes des Français. Il ne prétendait pas en faire des hommes nouveaux ni apporter un quelconque message sur fonds de dialogue. L'arrivée du beaujolais c'est une petite pointe d'inattendu dans la routine, c'est une soirée où, faute de dialogue et de communication, on discutera virilement, on s'invectivera, on rira, on pleurera, on distribuera quelques bourre-pifs. Le tout dans un cadre protecteur et serein : le taulier, les bouteilles, la vigne, la terre, le fromage, le saucisson.


Certes il y a bien quelques gugusses qui fêtent le bojol par snobisme, n'en tenons pas compte, ils n'en valent pas la peine. Buvons, buvons, sans modération !

 

12 novembre 2009

C'était mieux avant (VI)

vieux_bus.jpgJ'ai pris le bus il n'y a pas longtemps et cela faisait un bon bout que je ne l'avais pas pris. Je crois que ça remonte au temps où le 48 partait de la porte de Vanves, c'est dire que ça fait presque 15 ans. C'était le temps où les banquettes étaient encore en sky orange. Je ne vais pas m'attarder sur le confort  de l'assise car chacun sait, y compris le plus progressiste des crétins, que c'était mieux avant sur ce point-là. Mon bref passage dans ces nouveaux bus m'a permis de comprendre que le c'était-mieux-avant portait surtout sur la boîte de vitesse. N'ayez crainte, ça ne sera pas trop technique.

 

Ces nouveaux bus disposent apparemment d'une boîte de vitesse hydraulique et automatique, donc les vitesses passent très vite et l'à-coup est brusque, la mécanique n'a pas le temps de respirer et de prévenir l'usager en lui disant "attention, je vais changer de vitesse, il va y avoir une petite secousse, alors tiens-toi sinon tu vas valser". Autrefois c'était tout le contraire avec nos anciens bus à boîte de vitesse semi-automatique (souvenez-vous du petit boitier carré avec mini-levier à portée de la main droite du chauffeur). Au moment d'un changement de vitesse on entendait d'abord le moteur baisser en régime, c'était le signal devenu inconscient pour se tenir en vue d'un changement de vitesse. La reprise était plus brusque, certes, mais elle était anticipée. Il était rare de voir quelqu'un en difficulté sur l'arrière des chaussures en priant pour qu'il y ait un petit ralentissement qui le remettrait d'aplomb.

 

Tout cela a disparu, les machines ne prennent même plus le temps de nous parler, de vivre, de respirer, de se faire comprendre.

 

06 novembre 2009

Ascendance

tetris.jpgJ'entendais récemment que pour les jeunes Allemands la différence entre la RFA et la RDA résidait dans le choix qu'ils se voyaient offrir dans les magasins. Pour mémoire il y avait plus de choix à l'Ouest qu'à l'Est. Si l'on considère que la démocratie occidentale ne saurait former autre chose qu'une jeunesse responsable et vigilante on peut légitimement en déduire que nous sommes dorénavant dans une sorte de régime totalitaire qui aurait retenu la leçon de ses devancières en approvisionnant les rayons pour le bonheur de tous.


En lisant Zinoviev on comprend bien qu'Homo sovieticus est à son homologue festivus ce que erectus était à sapiens, un ancêtre, un précurseur. Sovieticus, assis sur son tapis de bombes, manipulait le pré-festivus pour qu'il manifeste en chantant pour la paix et le désarmement. Tout se tient. A tel point que notre homme de l'Ouest actuel se complait dans ses rayons de supermarché bien garnis et joue aux jeux video depuis qu'il a eu Tetris entre les mains. Tetris, ce jeu inventé par les Soviétiques dont le but est de construire un mur et qui a fait florès depuis (pas comme l'homo du même nom qui a disparu), urbi et orbi.

 

05 novembre 2009

Father Chirac

"Je n'ai rien à me reprocher." Puis un truc du genre "j'ai confiance en la justice de mon pays." Sans oublier le traditionnel "je suis serein et déterminé" qui d'ordinaire est utilisé à la veille d'un scrutin, mais le gars en question ne sait peut-être pas qu'il n'est plus en campagne électoral.

 

Il ne lui manque plus que les lunettes en écaille, des pompes bicolores et un vague accent méridional pour atteindre la plénitude de son rôle. Et dire que ce type n'aurait jamais dû être plus que conseiller général, un brave type qu'on aurait appelé grand Jacquot. Mais grâce à la magie des petits papiers qu'on glisse dans une boîte en verre il a écumé tous les postes, éclusé tous les salons et souvent remplacé Bernadette sous biroute.

 

04 novembre 2009

Cassez le mur

Cette information est dédié à notre ami Fromage+.

Je doute qu'il aurait eu assez d'imagination pour inventer cela... En fait si, il aurait pu mais son article n'aurait pas été jugé crédible.

Moi qui avait imaginé dans mon précédent article qu'on referait le cassage du mur à coup de marteau, je suis vraiment un vieux con dépassé. Faudrait que j'arrête le pinard et me mette au redbull.

Lisez un peu ce que peu inventer notre Festivus. Régalez-vous, tout y est !

 

Le Figaro

Pour célébrer le vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, Reporters Sans Frontières lance, en partenariat avec Hi-media Publishing, un site éphémère, Fallberlinwall.com, sur lequel les internautes sont invités à détruire symboliquement un mur virtuel, brique par brique, en envoyant un SMS.

Accessible à partir du 9 novembre prochain, date anniversaire de la chute du Mur de Berlin, Fallberlinwall.com sera accessible en France ainsi que dans 47 autres pays. Les internautes pourront choisir une ou plusieurs briques du mur virtuel et les détruire en envoyant un SMS.

Chaque brique cassée affichera ensuite le nom du donateur, qui recevra alors un "certificat digital de participation à la destruction du Mur de Berlin 2009". Il pourra également afficher ce document sur son profil Facebook. Les bénéfices récoltés au cours de cette opération iront au profit de l'association de défense de la liberté de la presse.

 

Est ou Ouest ?

kennedy.jpgLe mur est tombé il y a 20 ans, ça va être la fête un peu partout. On va célébrer la victoire de la liberté sur l'oppression. Finies les heures presque les plus sombres de notre Histoire. Si ça les amuse de fêter ça, pourquoi pas, ce sera dans l'air du temps, une belle fête bien festive et bien participative où, j'imagine, mais la réalité peut rejoindre la fiction, le chaland pourra se munir d'une masse et taper sur un faux ex-mur reconstitué pour l'occasion. De belles images en perspective et des litres de larmes à l'œil. Rostropovich ne sera pas là pour y aller de son petit refrain mais on trouvera bien quelques groupes rebelles subventionnés pour chanter pour la paix dans le monde et la fin de l'histoire.


Est-ce que l'anniversaire de la chute du mur nous interrogera sur les nouveaux murs invisibles qui ce sont dressés devant nous ces 20 dernières années ? Ce n'est pas sûr, c'est même mal parti. Interrogera-t-on, pour ceux qui vivent encore, les grands dissidents de l'Est qui y sont tous retournés après un bref passage à l'Ouest qu'ils détestaient finalement autant ? Soljenytsine, Zinoviev. Le mur réel est tombé mais de quel côté des murs virtuels sommes-nous ?

 

Ich bin ein Berliner ! Bah oui mon con mais il y avait deux côtés, alors lequel ?

 

03 novembre 2009

L'identité des chances

Un débat sur l'identité nationale ? Si on se pose la question c'est qu'il y a vraiment un problème. Et puis c'est une question qui par définition ne fait pas débat. Comment a-t-on pu en arriver là ? Je me pose naïvement la question...


Si certains se posent cette question c'est qu'ils n'ont pas de réponse à lui donner ou ne savent plus ce que la France représente. A lire les premières réponses des uns et des autres, ici ou là, c'est consternant. Les mots qui sont repris le plus souvent sont "liberté, égalité, fraternité". J'ai bien peur que tout cet emballage républicain ne veuille pas dire grand chose pour ceux qui sont en mal d'identité. Déjà qu'il n'y a pas un zélite sur cent capable de définir ce charabia informe, et pour cause ces mots en eux-mêmes ne signifient rien, pas plus que "avenir radieux".


La liberté, on y met ce que l'on veut derrière (sans jeu de mot, je ne veux pas d'histoire avec le PFG). L'égalité n'existe pas. Quant à la fraternité, il faut déjà avoir un frère, personnellement je n'ai qu'une soeur... Comment s'étonner ensuite que l'identité pose problème à nos chancres pour la France ?! Car c'est bien de cela dont il s'agit si je ne m'abuse...

 

PS : A mes meilleurs heures je ne suis pas républicain et pourtant je n'ai aucun problème d'identité. Donc tout charabia républicain n'est pas une condition nécessaire pour être un bon Français. CQFD

 

02 novembre 2009

A la Seine !

Le petit scandale de la semaine dernière était le coût faramineux de la présidence française de l'union européenne. Certes le coût était vraiment disproportionné (190 millions d'euros soit 1,25 milliard de Francs) mais la semaine dernière était-elle le moment pour crier au loup ? Tout le monde a crié au loup, aussi bien les députés que les journalistes suite au rapport de la cour des comptes. Il y a un hic dans tout cela et j'ai l'impression qu'on me prend pour un gogo ou un ivrogne.

 

Le hic c'est que j'ai somme toute l'impression que notre pays a une apparence de démocratie donc que les dépenses sont effectuées en fonction de budgets et que ces budgets sont pour la plupart publics. Bingo ! Je me souvenais bien avoir vu ce chiffre de la dépense européenne il y a plus d'un an.
C'était ici, en date du 10 juin 2008.

 

En effet ces chiffres étaient publics depuis presque 2 ans mais cela ne semblait choquer personne à l'époque. Comment donc qualifier ces journalistes qui découvrent cette information seulement 2 ans après ? Comment qualifier ces députés qui votent les budgets mais qui se rendent compte deux ans après qu'ils ont un peu trop forcé sur les millions ?

 

En vrac, et comme ils sont unanimes pour dire que les bleaugueurs sont des cons et qu'ils n'ont rien à voir avec le journalisme (Dieu nous en préserve...) : manipulateurs, incompétents, moscoutaires, tricheurs, vendus, pourris... La liste est longue, plaise à vous de la compléter.