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02 juin 2010

C'était mieux avant (VII)

C'était il y a maintenant 20 ans, une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Notre professeur, une demoiselle plus proche des palmes académiques que des fiançailles, nous enseignait le Français selon une méthode fort simple qui consistait à faire un cours magistral puis à donner des exercices dans le Bled* (grammaire, orthographe, conjugaison; on n'avait pas la prétention de faire de la littérature avec des collégiens). En fait la méthode cours + exercices n'a valu que le premier jour car à partir du second s'est instauré le quart d'heure d'angoisse liminaire, l'interrogation orale sur le cours de la veille. Ça c'était du lourd, comme l'atmosphère des instants précédant la désignation de la victime. Celle-ci devait se lever et répondre aux questions par un ânonnement mi-forcé mi-intelligent. La note était reportée directement sur le carnet qui allait immanquablement se retrouver dans les mains de parents plus attentifs aux mauvaises notes qu'aux bonnes. Autant dire qu'il était impératif de savoir sa leçon sur le bout des doigts.

Néanmoins nous vivions ces moments-là comme les délices de Capoue en comparaison des méthodes qui avaient cours dans les pensionnats de nos parents.

* le Bled n'est pas un village fantasmé d'outre Méditerranée mais un recueil des principales règles de la langue française


Commentaires

En effet, je suis déjà nettement plus "cool" en demandant s'il y a des volontaires pour réciter la leçon. Un jour, l'élève Machin se porte volontaire. Je l'écoute. Il n'avait rien appris. Je lui demande alors pourquoi diable il s'est proposé de réciter. Réponse tout aussi ahurissante : "Ah, mais je pensais qu'être volontaire suffisait". C'était dans une classe de Quatrième.
Voilà donc le résultat après des années où ils se sont entendus dire qu'il fallait s'exprimer, que l'expression personnelle primait sur tout, quel que soit le contenu.

Écrit par : Un professeur | 02 juin 2010

Oui c'était mieux avant, mais déjà, le ver était dans le fruit (1979-80 pour moi). Nous apprenions La Fontaine, oui, mais aussi Brel et Brassens. J'aime ces auteurs. Mais c'était la porte ouverte de l'école à la chanson française de l'avenir, c'est-à-dire le funeste rap d'aujourd'hui.

Salutations,

Écrit par : Nico de Montreuil | 03 juin 2010

Je n'osais pas le dire mais il aurait fallu garder le coup de règle sur les doigts...

Écrit par : Paul | 04 juin 2010

Paul,
Vous m'inspirez une diabolique idée de photomontage... Je vous tiens au courant si j'arrive à la concrétiser, HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA !

Écrit par : fromageplus | 04 juin 2010

"on n'avait pas la prétention de faire de la littérature avec des collégiens"

Euh, petite nuance: le Bled tirait bon nombre des phrases et exemples de ses exercices d'ouvrages littéraires anciens ou contemporains, tels que Maupassant, Flaubert, Duhamel, etc. L'approche de la littérature est donc présente, même si c'est de manière un peu indirecte.

Écrit par : DF | 13 août 2010

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