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15 décembre 2010

Sabir à 100%

Il est un travers de langage qui tend à se répandre plus vite que les augmentations de salaire c'est la façon qu'ont les gens de dire qu'ils sont d'accord à 120% (ou plus si nécessaire). C'est vraiment idiot quand on réfléchit deux secondes (pour ceux qui en ont encore le temps).


Déjà faire une évaluation de son taux d'acceptation en pourcentage relève d'une atteinte grave de troubles neuro-administratifs. Il existe tout une palanquée de mots pour définir avec nuance un accord sans être obligé de parler comme un sous-chef du service du calcul de l'assiette de l'impôt. C'est probablement l'inflation dans l'ironie linguistique qui veut ça, sinon comment expliquer qu'on en soit arrivé à la semaine des 4 jeudi alors qu'au début il n'y en avait que 2 (dans l'expression, il va sans dire que dans une semaine normale il n'y en a qu'un).


Outre cette inflation verbale on remarquera que les gens sont de plus en plus d'accord au moment même où on se comprend le moins. N'avez-vous jamais remarqué, pour parler en pourcentage, qu'il est difficile de comprendre à plus de 50% quelqu'un qui fait plus de 3 phrases d'affilée ? En gros, plus on est d'accord moins on comprend, ce qui finalement semble assez logique. Prenons l'exemple des récentes déclarations du Pape sur le préservatif, le péquin lambda a compris que le Pape était pour son utilisation. Toi y en a comprendre que le Pape n'a pas dit exactement ça (on serait proche d'une vérité à 0,1%) ? Toi y en a quand même d'accord à 150% ? Alors toi y en a abruti à 200%.*

 

* Une exception : la connerie n'a pas de limite ou alors on la cherche encore.