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31 mai 2011

Bingo des familles

Un article de La Dépêche nous apprend une bien triste histoire des temps modernes. C'est l'histoire d'une trentaine de gendarme qui font une descente dans une salle municipale où se déroulait bien paisiblement une loterie municipale façon filet garni ou poste de radio à gagner. Quelle bande de délinquants a déjà eu le privilège de mobiliser autant de forces de l'ordre ? Je n'ai pas le souvenir que les banques qui ont escroqué des milliards aient eu la visite d'autant de policiers. Combien de milliards transitaient par le bingo de cette commune rurale du Gers ? L'enquête nous le dira, mais au risque d'entraver le cour de la justice j'ai idée que le délit ne doit pas porter sur plus de quelques centaines d'euros.

J'ai bien ma petite idée sur ce que la société reproche à cette association organisatrice de bingo. En effet ces associations sont autorisées dans la mesure où elles participent à des œuvres de bienfaisance, elles ne doivent pas avoir de but lucratif en somme. C'est là que la morale de notre époque intervient. Pour être "caritatif" et être un "gentil" conforme à la loi il faut envoyer de l'argent aux affamés du Bengale ou aux culs-de-jatte du Tonkin, or c'est précisément ce que ne faisait pas cette association. Nos passionnés du bingo avaient une conception de l'aide sociale tout autre, plutôt centrée sur les "activités du vivrensemble" le samedi soir à l'intérieur du canton. L'argent récolté était destiné à financer les retours à domicile en fin de soirée pour les convives beaucoup trop joyeux pour se confronter à la tristesse implacable des panneaux de circulation. En somme ces bingos permettaient de tirer au sort, et de financer, ceux qui devraient conduire les autres les soirs de beuverie. Un beau pied de nez au fisc pour continuer de vivre... selon la tradition. Mais voilà, ce mode de vie ne semble plus plaire aux autorités modernes.