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21 juin 2011

Les gars lisez

Régulièrement on nous ressert le vieux débat sur la légalisation du cannabis. Oui, nous dit-on, pourquoi serait-ce mal de fumer, il y en a bien qui boivent ou qui fument des cigarettes ? Ceux qui sont contre la légalisation sont bien entendu des salauds de moralisateurs alors que les autres sont des types cools qui ne font pas de moral (sauf dans le cas de la réouverture des bordels mais ce n'est pas vraiment de la morale, c'est du féminisme...). Là n'est pas la question, n'allons pas sur le terrain de la morale avec les gens de gauche, ils jouent à domicile.


La vraie question à se poser est celle qui légitimerait la légalisation. En effet les chantres de l'adaptation de la loi aux mœurs ont pour argument principal que l'autorisation de la drogue ferait disparaître les trafiquants. Derrière cela se loge dans leur tête l'idée selon laquelle l’État, organisant toute la chaine de fabrication et de distribution du cannabis, ferait chuter les prix et rendrait les dealers non-concurrentiels. Admettons (formule qui anesthésie une partie du cerveau qui aurait beaucoup de choses à dire sur le sujet) que les trafiquants rentreraient alors dans le rang et iraient à l'usine ne pouvant se recycler dans aucun autre trafic (on peut toujours l'imaginer), toute la théorie des légalistes repose donc sur le postulat simple que l’État produirait de l'herbe moins chère que les trafiquants.


C'est là, il me semble, que se trouve la faille du système. D'un côté de pauvres paysans marocains qui vivotent à peine de la plante qui fait rire quand elle part en fumée. De l'autre des agriculteurs bardés d'emprunts, d'impôts et de charges sociales. D'un côté des petits labos clandestins où la notion de qualité disparait au profit de la quantité. De l'autre un petit monde de laborantins en blouse blanche avec de solides mutuelles qui remboursent à 400% les lunettes. D'un côté des petits dealers qui vendent dehors été comme hiver. De l'autre de nouvelles échoppes qui vendront un produit bien emballés et dont le taux de TVA sera voisin de celui de la TIPP. Si avec tout ça l’État, sans parler des inerties et des nombreuses pertes en ligne, réussit à vendre moins cher que les cailleras du bas de l'escalier F, je le dis tout haut, je voterai social-démocrate !