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08 janvier 2013

Sur Mediavox (5)

J'avais oublié de vous signaler mon dernier édito sur Médiavox... C'est dire où en est mon égo.

In extenso ça donne ça :

 

A la fin de l’année il est de bon ton de dresser un bilan de la période écoulée. Ce n’est pas un exercice facile car il arrive qu’un évènement destructeur, comme une tempête ou un tsunami, se produise vers la fin décembre, rendant inaudibles ce bel effort des chroniqueurs. C’est aussi un exercice rendu difficile par le peu de recul que l’on peut avoir sur le temps présent alors qu’on tente de se muer en historien.

Par exemple la réélection d’Obama ne fera pas une ligne dans les futurs manuels d’Histoire. Son mandat sera vu comme une continuité. Est-ce que l’élection de François Hollande fera date ? Seulement s’il échoue lamentablement comme une baleine sur la grève privée de mobilité et donc condamnée à mourir sur place sous l’effet de son poids. Sinon il restera sans doute comme celui qui a continué la politique initiée par Nicolas Sarkozy tant au niveau national qu’au niveau européen. Ses promesses de campagne seront redécouvertes dans 30 ans dans des petits livres de miscellanées qui feront rire jaune les « bobolches » qui lisent ces stupidités.

Alors que peut-on retenir d’important de cette année 2012 sans jouer à celui qui a tout compris avant les autres ? Peut-être que l’Histoire, et c’est ce qui arrive souvent, retiendra un fait qui est passé relativement inaperçu de nos observateurs mais qui se révèlera déterminant pour le futur. On peut penser à l’euro. Qui a révélé fin 1992 que les Français avaient surtout voté pour la monnaie unique, que cette décision allait bouleverser tout un continent et l’emmener sur une voie hasardeuse ? A l’époque on glorifiait surtout l’avancée européenne, un traité qui allait favoriser l’expansion économique créatrice d’emploi, qui allait renforcer la paix etc. Personne n’a mis le doigt sur cette bombe à retardement qu’est la monnaie unique dans un espace qui n’est pas unifié. On pourrait dire que, entre autres personnes éclairées, Philippe de Villiers avait tout dit, mais son air goguenard et son phrasé le disqualifiaient auprès de tous ceux qui dénoncent les discriminations et le racisme mais qui le moquèrent sans vergogne.

Alors pour 2012 ? Ce sera sans doute le nouveau traité européen et sa règle d’or. Vous savez celui que Hollande prétendait avoir renégocié mais qu’il n’a fait que signer sans même une rature ni un nota bene. D’ailleurs la plupart des observateurs n’y ont vu que du feu pendant quelques semaines, c’est dire le niveau d’information auquel ont droit les Français. En lisant ce traité on pourra trouver aisément ce qui fera date cette année. Il s’agit des fameux 3% de déficit autorisé.

En réalité ceux-ci existaient déjà dans Maastricht (les fameux critères) mais sans aucune pénalité en cas de dépassement. Désormais ces 3% sont en réalité 0,5% et sujets à mesure de rétorsion. 3% en période de crise et 0,5% en temps normal, sinon des financiers estampillés « Bruxelles » viendront s’emparer des commandes budgétaires de votre pays. Voilà probablement le fait marquant de cette année, celui qui déclenchera toutes les tempêtes.

 

06 décembre 2012

Sur Mediavox (2)

C'était aujourd'hui, ma deuxième contribution.

 

Notre ami Yves Delahaie, des Nouveaux démocrates, nous invite à débattre au sujet du mariage homo, dans un cadre républicain, à coup de « démocratie », de « république », de « laïcité », que sais-je encore. Que de gros mots sur un même clavier ! S'il est un sujet qui ne devrait souffrir aucun débat et qui n’a rien à voir avec la République c'est bien celui du mariage. D'ailleurs une société c'est une communauté humaine vivante et passée. Combien de nos parents et de nos lointains ancêtres auraient accepté que cette question arrive sur le tapis (peut-être sur le billot…) ? Certainement pas ceux qui manipulaient autrefois la francisque comme aujourd'hui un quidam son smartphone.

Le mariage est un des paradigmes ou au moins un des interdits fondateurs de notre civilisation, une des valeurs tabou qui lui est naturelle, comme l’interdiction de tuer ou de bouffer son voisin, ou comme l’interdiction de voler. Le remettre en cause, ce serait toucher aux fondements même de ce qui nous lie les uns aux autres (ce qu’on pourrait appeler « vivrensemble ») et fait que nous faisons partie, quoiqu'on en pense, d'une des civilisations les plus remarquables de l'Histoire. Le cardinal Barbarin avait bien raison de dire que les prochaines étapes seraient la polygamie et l’inceste, non qu’il sous-entendait que les homos nous emmèneraient sur la voie du vice (ce que ces derniers avaient – tiens, tiens… – compris dans ce sens) mais qu’il soulignait qu’une fois un des fondements de notre société brisé (sans jeu de mot…) il n’y aurait désormais plus aucun garde-fou. Et puis comment ne pas penser que des gens, des associations ou des officines qui ont toujours eu pour but de railler tout ce qu'il y a de conservateur dans notre pays veuillent tout d'un coup se battre pour que les homos aient accès à l'institution la plus conservatrice. Soit c'est une farce, soit c'est une attaque délibérée des forces de l’anarchie et de l’anti-France contre le mariage.
Quant à ceux qui réclament un referendum, il faut leur clouer le bec aussi. On ne détermine pas la température de cuisson des oeufs par un vote ! Le vote en lui-même n'a rien à voir avec la vérité, sinon on pourrait dire qu'Hitler, légitimé par des élections, était un démocrate.

Le paradoxe est donc de rentrer dans le débat pour dire qu’il ne devrait pas y en avoir, mais un second paradoxe, encore plus fort, serait de ne pas entrer délibérément dans un débat que nos ennemis (vous savez, le camp de ceux qui sont tolérants et ouverts aux autres) veulent nous refuser.