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23 février 2011

Changer la vie

Comment, de nos jours, véhiculer des idées que d'aucuns qualifieront de fassistes ? Certes il y a des moyens très simples comme lire des œuvres interdites, exprimer des opinions qui n'ont plus cours ailleurs que dans des caves ou des bistrots mal fréquentés. Mais si vous ne souhaitez pas être définitivement mis au ban par votre entourage professionnel (ou familial) il existe un moyen beaucoup plus simple et plus sûr : parler au surmoi du citoyen lambda préformaté. Ce surmoi réagit de façon bestiale, reptilienne oserons-nous, ne serait-ce qu'au vocabulaire employé. Ainsi vous utiliserez les vrais mots au lieu de ces mots modernes qui n'existent que pour effacer le réel. Un non-voyant sera un aveugle, un handicapé un infirme, un amputé un cul-de-jatte ou un manchot, un intellectuellement faible sera un débile profond, un RRH retournera à sa condition pré-fassiste de directeur du personnel. Le must sera de remplacer cet ignoble "psychologique" par "mental". A table avec vos collègues vous glisserez incidemment dans le commentaire de la dernière catastrophe "l'ouverture de la cellule mentale" qui aura pour effet de glacer le sang plutôt que d'évoquer une hypocrite compassion.


Les exemples sont nombreux et l'effet de cette thérapie sera garanti. Vos collègues ne vous regarderont plus du tout de la même façon. Votre béret ne sera plus perçu comme une touche fashion voire moqueuse au 3è degrés de la franchouillardise mais comme un hommage à la milice. Néanmoins vous réussirez, à force, à les amener sur le terrain de l'interrogation et de la réflexion, choses qu'ils pratiquent tous les jours à tort et à travers mais à trop bon marché et avec des produits d'importation.