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02 juin 2010

C'était mieux avant (VII)

C'était il y a maintenant 20 ans, une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Notre professeur, une demoiselle plus proche des palmes académiques que des fiançailles, nous enseignait le Français selon une méthode fort simple qui consistait à faire un cours magistral puis à donner des exercices dans le Bled* (grammaire, orthographe, conjugaison; on n'avait pas la prétention de faire de la littérature avec des collégiens). En fait la méthode cours + exercices n'a valu que le premier jour car à partir du second s'est instauré le quart d'heure d'angoisse liminaire, l'interrogation orale sur le cours de la veille. Ça c'était du lourd, comme l'atmosphère des instants précédant la désignation de la victime. Celle-ci devait se lever et répondre aux questions par un ânonnement mi-forcé mi-intelligent. La note était reportée directement sur le carnet qui allait immanquablement se retrouver dans les mains de parents plus attentifs aux mauvaises notes qu'aux bonnes. Autant dire qu'il était impératif de savoir sa leçon sur le bout des doigts.

Néanmoins nous vivions ces moments-là comme les délices de Capoue en comparaison des méthodes qui avaient cours dans les pensionnats de nos parents.

* le Bled n'est pas un village fantasmé d'outre Méditerranée mais un recueil des principales règles de la langue française