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10 janvier 2011

Nègre = esclave

Une nouvelle édition américaine des œuvres de Mark Twain a été expurgée de certains mots dits péjoratifs comme "nègre" par exemple, ce dernier étant remplacé le plus souvent par "esclave". C'est vraiment atroce d'en arriver là. Pourtant il ne me semble pas - je ne lis pas les auteurs américains - que Twain fasse l'apologie de l'esclavage dans ses romans. Et même s'il la faisait, ne serait-ce pas un témoignage de l'esprit du temps ? L'Histoire ne peut être subordonnée au présent. Ceux qui font cela, et ils sont nombreux, sont des criminels.

On travestit déjà la réalité, ça ne suffit pas, il faut maintenant attaquer la fiction. Si quelqu'un se pique de rééditer "Bagatelle pour un massacre" de Céline il aura pas mal de boulot de réadaptation et le résultat risque d'être encore pire que l'édition originale.

Une chose est sure dorénavant il faut constituer des stocks des livres intéressants et significatifs, il n'est plus question de faire confiance à je ne sais quelle bibliothèque nationale. Dans quelques temps ces endroits supposées travailler à la conservation seront les foyers de l'autodafé républicaine et festive.

Quant à la synonymie entre nègre et esclave il y a des dents qui vont grincer. En Haïti par exemple un Nègre est un homme libre haïtien alors qu'un Blanc est un étranger. C'est ainsi qu'un Noir américain sera appelé "Blanc" à Port-au-Prince tout simplement parce qu'il est étranger. Tout ça me rappelle une histoire que me racontait mon grand-père pour m'amuser : "Un jour c'était la nuit, les étoiles brillaient comme le soleil, je lisais mon journal plié en 4 quatre dans ma poche à la lueur d'un bec de gaz éteint. Soudain je vis un éléphant perché sur les branches d'un poteau télégraphique et en-dessous un Nègre blanc qui déterrait les morts pour les manger vivant."