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23 janvier 2013

Aubervilliers

L'autre jour je trainais ma graisse dans le métro. Je dis bien "ma graisse" car je fais le phoque depuis que j'ai arrêté de fumer et de travailler - un phoque qui était quand même à la proue de la manif pour tous. A Montparnasse sur la ligne 12 je cherche à rejoindre le 9è arrondissement. Je dois donc me repérer avec la direction "Porte de la Chapelle" inscrite sur les plaques encore métalliques. Et puis là, plus rien ! Putain de bordel, ils ont dévié la ligne 12 de Montparnasse ! Puis me souvenant des couleurs du panneau je l'aperçois, et horreur, le terminus a changé et est affublé d'un nom abominable : "Aubervilliers - Front populaire".

Quand on pense que son plus grand maire fut Pierre Laval au moment où cette ville était industrielle et ouvrière (ce qui était un pléonasme à l'époque), il y a de quoi virer bredin. Une ville, certes pauvre, mais travailleuse, qui subit de plein fouet le front populaire, ses cohortes d'avancées et ses dirigeants staliniens. 70 ans après vous pouvez aller faire un tour là-bas. Primo on ne se croirait pas en France, deuxio tout est resté dans son jus de l'époque, l'usure et la corrosion en plus. Une ville abominable, dont le virus est inscrit en sous-titre du nouveau terminus de la ligne 12.


19 janvier 2009

A un yuka près

bebe.jpgComme le métro de la ligne 13 fonctionne aussi bien que les bus de Marseille ou les camions-poubelles d'Orléans, il faut prendre son mal en patience et traiter tout cela par le mépris. On vaut quand même plus que cela !


J'écoutais parler les petits hommes oranges qui servent à fermer manuellement les portes automatiques des wagons aux heures de pointe. Ils avaient fini leur service laissant donc, dès lors, les portes automatiques se fermer seules, imperturbablement automatiques à l'inverse des antibiotiques. Ces petits hommes oranges, ces hommes de couleur devrais-je dire, parlaient entre eux. De quoi me direz-vous ? De nanas bien sûr ! Comme toujours lorsqu'on entend parler d'histoires d'amour dans le métro ça ressemble furieusement aux séries américaines, ça parle de romantisme et de dîner aux chandelles mais on est loin de Madame Bovary ou d'Henriette de Mortsauf. On est plutôt aux pages psychologies d'un mauvais magasine féminin (Y en a-t-il des bons ?). A proprement parler ça ne m'intéressait pas beaucoup mais une expression m'a ravi au plus au point : "ça m'a éclairci la lanterne". Quand on entend ce type de poésie on peut dire que la journée commence sous les meilleurs "hospices".
Il est remarquable depuis quelques temps que les expressions ou les proverbes sont sévèrement attaqués. La tendance actuelle est le mélange de plusieurs expressions.

Alors jouons :


Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.
Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

deviennent
Il ne faut pas jeter le bébé avant de l'avoir tué.

 

04 août 2008

Station Soljenitsyne

A l'instar du Conservateur je propose aussi que la station Stalingrad soit rebaptisée Alexandre Soljenitsyne.

 

soljenitsyne.jpg

 

 

16 juillet 2008

Charlie abdo

J'étais assis ce matin en face d'un type qui lisait Charlie Hebdo. C'est assez rare pour le souligner ! Le titre est très connu mais j'ai l'impression que c'était la première fois que je voyais quelqu'un lire ce torchon. Je n'ai pas été déçu par le spectacle. Le type en question, je dis le type car c'est rarement un monsieur qui lit ça, devait être le panel des lecteurs à lui tout seul : 55 ans, sandales d'été façon Boche dans un camping, une metro.jpgtête à la Edgar Morin. Je me permets de rendre compte de cet homme car il lisait ostensiblement son canard de façon à ce que tout le monde le voit bien, soit pour en faire de la pub, soit pour montrer qu'il est de ceux qui pensent librement (ou quelquechose comme ça...).

Il avait deux types de réaction en lisant les brèves :

- Dodelinage horizontal : "y z'y vont fort quand même, fallait oser quand même !... y a pas un autre journal qui irait aussi loin... et c'est bien vu en plus ! et drôle..."

- Dodelinage vertical : " bien vu ! ça il fallait le dire, c'est très important ! quelle analyse encore, y z'ont visé juste ! heureusement qu'il y a encore des gens pour dénoncer cette société arriérée..."

Le tout agrémenté d'un sourire qui à chaque brève permet d'évaluer le taux de satisfaction du lecteur en question. Une sorte de rebelle attardé quoi, un type qui serait resté en avril 1968 en attendant que ça bouge. Un lecteur qui avait l'air d'apprécier un canard malgré la tourmente qui l'agite. Si ces types-là étaient en accord avec eux-mêmes, à la seconde il n'y aurait plus un candidat pour l'acheter. Ou alors peut-être qu'il est le reflet de la bien-pensance actuelle et qu'il est normal qu'il soit lu par ces vieux schnocks qui ne croient à rien sauf à la dernière idée en vogue.