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02 juin 2010

C'était mieux avant (VII)

C'était il y a maintenant 20 ans, une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Notre professeur, une demoiselle plus proche des palmes académiques que des fiançailles, nous enseignait le Français selon une méthode fort simple qui consistait à faire un cours magistral puis à donner des exercices dans le Bled* (grammaire, orthographe, conjugaison; on n'avait pas la prétention de faire de la littérature avec des collégiens). En fait la méthode cours + exercices n'a valu que le premier jour car à partir du second s'est instauré le quart d'heure d'angoisse liminaire, l'interrogation orale sur le cours de la veille. Ça c'était du lourd, comme l'atmosphère des instants précédant la désignation de la victime. Celle-ci devait se lever et répondre aux questions par un ânonnement mi-forcé mi-intelligent. La note était reportée directement sur le carnet qui allait immanquablement se retrouver dans les mains de parents plus attentifs aux mauvaises notes qu'aux bonnes. Autant dire qu'il était impératif de savoir sa leçon sur le bout des doigts.

Néanmoins nous vivions ces moments-là comme les délices de Capoue en comparaison des méthodes qui avaient cours dans les pensionnats de nos parents.

* le Bled n'est pas un village fantasmé d'outre Méditerranée mais un recueil des principales règles de la langue française


12 novembre 2009

C'était mieux avant (VI)

vieux_bus.jpgJ'ai pris le bus il n'y a pas longtemps et cela faisait un bon bout que je ne l'avais pas pris. Je crois que ça remonte au temps où le 48 partait de la porte de Vanves, c'est dire que ça fait presque 15 ans. C'était le temps où les banquettes étaient encore en sky orange. Je ne vais pas m'attarder sur le confort  de l'assise car chacun sait, y compris le plus progressiste des crétins, que c'était mieux avant sur ce point-là. Mon bref passage dans ces nouveaux bus m'a permis de comprendre que le c'était-mieux-avant portait surtout sur la boîte de vitesse. N'ayez crainte, ça ne sera pas trop technique.

 

Ces nouveaux bus disposent apparemment d'une boîte de vitesse hydraulique et automatique, donc les vitesses passent très vite et l'à-coup est brusque, la mécanique n'a pas le temps de respirer et de prévenir l'usager en lui disant "attention, je vais changer de vitesse, il va y avoir une petite secousse, alors tiens-toi sinon tu vas valser". Autrefois c'était tout le contraire avec nos anciens bus à boîte de vitesse semi-automatique (souvenez-vous du petit boitier carré avec mini-levier à portée de la main droite du chauffeur). Au moment d'un changement de vitesse on entendait d'abord le moteur baisser en régime, c'était le signal devenu inconscient pour se tenir en vue d'un changement de vitesse. La reprise était plus brusque, certes, mais elle était anticipée. Il était rare de voir quelqu'un en difficulté sur l'arrière des chaussures en priant pour qu'il y ait un petit ralentissement qui le remettrait d'aplomb.

 

Tout cela a disparu, les machines ne prennent même plus le temps de nous parler, de vivre, de respirer, de se faire comprendre.

 

27 juillet 2009

C'était mieux avant (V)

lit.jpgLe soir en allant se coucher dans la pièce la plus intime on aimerait bien qu'il n'y ait pas trop de changement. S'endormir en un endroit connu est ce qu'il y a de plus sécurisant et donne l'impression que finalement rien ne change. Mais même là le modernisme opère et a trouvé le moyen de déposer son grain de sel. Exit le drap et la couverture et bonjour la couette... Tout ça nous vient encore des États-Unis ou de je ne sais quel pays protestant pour qui le raffinement n'a plus aucun droit de cité devant l'efficacité et l'aspect pratique.


Plus moyen de faire un lit au carré avec la couette. Plus de lit plat recouvert d'un couvre-lit tout aussi plat qui montre qu'on est encore dans le pays de Descartes et que la netteté est plus agréable à l'oeil que l'embrouillamini. Sans parler que même d'un côté pratique le couple drap-couverture se montre bien plus agréable en été par un simple divorce provisoire. Avec une couette c'est le tout ou rien, en pleine symbiose avec l'ère du numérique, c'est 0 ou c'est 1, aucune gradation. Quel plaisir pourtant de garder sur soi le drap qui vous prémunira de la petite fraîcheur matinale en repoussant la couverture sur les pieds qui pèsera pour la relaxation des jambes. Tout un monde disparaît, sans parler du génocide contre les polochons.