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25 janvier 2013

Prise d'assaut

On entendait ces jours-ci les deux phrases suivantes :
"Les grands magasins ont été pris d'assaut par les clients avides de soldes."
"L'usine à gaz algérienne a été prise d'assaut par les forces spéciales."

Quelles réalités y a-t-il derrière ces deux phrases, autres que le mauvais usage du français en utilisant des métaphores bidons ? Il semblerait bien qu'il y ait une sorte d'unité d'action. On voit bien le rideau métallique se lever et laisser entrer des hordes d'envahisseurs armés de fusils d'assaut. Main basse sur les bacs de soutien-gorges à l'aide de couteaux de combat. Je sors mon pistolet et je descends l'escalator. Trop de monde à la caisse et me voilà pris en otage. Ne pas aller chez Ikea je risquerais d'attraper le syndrome de Stockholm.

Ce n'est pas drôle de rigoler avec ça direz-vous ? Je connais pourtant un producteur d'avions qui francisa son nom pour devenir un vendeur d'avions d'assaut.


12 avril 2010

Français malmené

Prenez une phrase au hasard et situez-là à deux moments différents.

Prenons par exemple :
"Les distributeurs ont été pris d'assaut."
1. Nous sommes le 1er janvier 2002 à Berlin au moment du passage à l'euro où plein de valeureux citoyens se sont rués sur les distributeurs pour être les premiers à retirer des euros.
2. Nous sommes ces jours derniers  en Seine-Saint-Denis.
Vous constaterez aisément que le sens de la phrase n'est pas tout à fait le même.

Deuxième exemple :
"L'iPhone explose."
1. Nous sommes il y a un an au moment où tous les valeureux citoyens achètent ce joujou.
2. Nous sommes un peu après au moment où quelques uns de ces petits appareils explosent au sens propre.
Vous constaterez aisément que le sens de la phrase n'est pas tout à fait le même.

Troisième exemple (en forme de synthèse) :
"La prise d'assaut des distributeurs a explosé."
Pas moyen de trouver 4 sens à cette phrase mais seulement deux, avec un indice quant au mode opératoire utilisé pour le cas du braquage.

Conseil :
Amusez-vous à écouter la télé ou la radio en donnant leur vrai sens aux mots. Vous verrez c'est très drôle.

 

01 juillet 2008

Prise d'assaut

Depuis déjà plusieurs années les journalistes usent et abusent de l'expression "prendre d'assaut". Les soldes sont ouvertes les magasins sont pris d'assaut. Un rayon de soleil point à l'horizon les terrasses des cafetiers sont prises d'assaut. C'est bientôt la rentrée des classes le rayon desplage.jpg cartables est pris d'assaut. La neige tombe etc. Toutes les occasions sont bonnes pour une prise d'assaut. Aucun recul vis à vis de cette expression de la part des PPDA et consorts pour qui une langue ciselée comme une fine lame relève d'un autre temps. Le plus grave, dans ce maniement du Français à la gâchette, c'est d'être pris au mot. Patatras ! V'là t'y pas qu'un militaire a pris d'assaut le public avec un Famas chargé à balles réelles.

Au delà du drame - relatif quand on pense à ce qui se serait passé avec un Kalachnikoff par exemple - il convient de trouver des responsabilités (pour que les victimes puissent "se reconstruire"). On peut déjà se demander pourquoi des militaires ont braqué la foule quand on sait qu'à la chasse, par exemple, il est formellement interdit de mettre en joue quelqu'un même avec un fusil non chargé. Ainsi puisqu'il faut coller à l'air du temps dans une sorte de responsabilisation citoyenne de chacun je propose dans un premier temps d'incriminer les journalistes pour incitation à la prise d'assaut.