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07 février 2011

La quinzaine des dictateurs (3)

Avec Jean-Claude Duvalier a disparu une certaine idée de la dictature à la papa dans la zone tropicale. Cela fait déjà 26 ans qu'il a été renversé après 15 ans de règne sans partage et pourtant il ne flirte qu'avec la soixantaine, c'est dire qu'il a encore de l'avenir dans le métier. Sous sa présidence il y a eu du bon mais surtout du mauvais, ce qui suffit en soi à faire naître la nostalgie, l'Homme ne gardant que les bons souvenirs. Le symbole de son passage fut le Tonton Macoute, ni soldat ni policier, il était l'élément de la garde prétorienne, une sorte de milice mafieuse. Celui-là, qui n'était pas du genre à considérer le péquin moyen pour son neveu ou sa nièce, arborait fièrement un uniforme kaki, une arme à feu, un képi et des lunettes de soleil. C'est pour cela qu'il faisait peur et marqua son temps. Aujourd'hui il y a les odieuses "Chimères" qui ne porte plus l'uniforme, ont l'arme à feu et les lunettes, et disposent en plus du téléphone portable MP3, ce qui les rend plus sympathique aux gogos que l'ancien Tonton Macoute et semble les exonérer des pires forfaits dont son prédécesseur n'aurait pas même eu l'idée. La prière de Papa Doc le disait bien : "Avec Duvalier cé construction, Sans Duvalier cé démolition."


Pourquoi Jean-Claude Duvalier est-il retourné à Haïti alors qu'il aurait pu finir de dépenser sous un autre soleil le fric qu'il avait placé ? C'est une grande question à laquelle il est difficile d'apporter une réponse, d'ailleurs personne n'a compris ce retour. Un dictateur en place bénéficie bien souvent d'un prestige incarné par sa puissance et on lui attribue souvent, au bénéfice du doute, une grande intelligence. En l'occurrence il est peut-être temps de lever ce doute concernant noter pauvre Duvalier. Il aurait dû lire le bréviaire du dictateur qui est bien clair à ce sujet, on ne dispose que d'un mandat (mais en CDI), le deuxième ne durant jamais plus de 100 jours.